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Une matière première cosmétique peut porter simultanément jusqu’à sept dénominations et identifiants différents. Nom commercial du fournisseur, nom slovaque usuel, nom anglais, nom botanique de la plante, dénomination INCI, numéro CAS et numéro CE. À première vue, cela semble complexe — en pratique, chaque donnée a une fonction précise. Voyons ce que signifient INCI, CAS, EC et EINECS, où les trouver et quand se fier à chacun.
En travaillant avec des matières premières cosmétiques, vous constaterez très rapidement qu’une même substance peut avoir plusieurs noms et identifiants. L’un aide le client à comprendre le produit, un autre sert à l’étiquetage des cosmétiques et un autre encore permet d’identifier précisément la substance dans la documentation technique, scientifique ou réglementaire.
Si vous fabriquez des cosmétiques, il ne suffit pas de connaître le nom commercial de la matière première. Pour un étiquetage correct, une documentation complète et une évaluation de la sécurité, il est important de savoir ce que signifient les numéros INCI, CAS, EC et EINECS, où les trouver et quand se fier à telle ou telle donnée.
Une matière première cosmétique peut être décrite de différentes manières selon la personne qui l’utilise. Le client a besoin d’un nom compréhensible. Le fabricant a besoin d’une appellation correcte pour l’étiquette. Le fournisseur utilise le nom commercial. Le responsable sécurité ou l’évaluateur de la sécurité a besoin d’une identification chimique précise. C’est pourquoi, pour une même matière première, nous pouvons être confrontés à plusieurs données simultanément.
Aucune de ces données n’est « meilleure » dans toutes les situations. Chacune a une fonction différente. Comprendre les différences entre elles permet précisément d’éviter les erreurs sur les étiquettes, dans les formules et dans la documentation.
INCI est l’abréviation de International Nomenclature of Cosmetic Ingredients, c’est-à-dire la nomenclature internationale des ingrédients cosmétiques. Il s’agit d’un système standardisé de dénomination des ingrédients utilisés dans les produits cosmétiques.
En pratique, la dénomination INCI est le nom qui figure dans la liste des ingrédients sur l’étiquette du produit cosmétique. Dans l’Union européenne, les ingrédients cosmétiques sont indiqués dans la liste des ingrédients selon la nomenclature INCI. La source européenne officielle pour la vérification des ingrédients cosmétiques est la base de données CosIng de la Commission européenne.
La dénomination INCI n’est donc pas le nom marketing de la matière première. C’est un nom destiné à l’étiquetage des ingrédients cosmétiques de manière compréhensible dans un contexte international.
L’INCI aide le consommateur, le fabricant et les experts à identifier rapidement ce que contient le produit. Il est particulièrement important pour les allergènes, les conservateurs, les colorants, les filtres UV, les extraits végétaux et les actifs.
Du point de vue du fabricant, l’INCI est essentiel pour l’étiquetage correct du produit cosmétique. Si vous fabriquez chez vous une crème uniquement pour vous-même, l’étiquette avec la liste INCI n’a pas forcément une grande importance pratique. En revanche, si vous mettez un produit cosmétique sur le marché, la correcte désignation des ingrédients est l’une des obligations de base.
La dénomination INCI ne dit pas tout. Elle n’indique généralement pas la qualité de la matière, le pays d’origine, le procédé de fabrication, la concentration en actifs ni si la matière est raffinée, non raffinée, fermentée ou conservée.
Par exemple, deux produits peuvent porter la même dénomination INCI Butyrospermum Parkii Butter, mais différer par l’odeur, la couleur, le procédé de transformation, la teneur en insaponifiables ou le profil sensoriel. La dénomination INCI identifie donc le type d’ingrédient, et non la qualité complète d’un lot donné.
Le numéro CAS, plus précisément CAS Registry Number, est un identifiant unique d’une substance chimique attribué par le système Chemical Abstracts Service. Il est utilisé au niveau international et permet d’identifier précisément la substance indépendamment de la langue, des synonymes ou des noms commerciaux. Le numéro CAS présente le format typique Xxxxxx-xx-x.
Le numéro CAS est extrêmement utile dans la documentation technique, les fiches de données de sécurité, les rapports analytiques, les bases de données réglementaires et la communication avec les fournisseurs.
Une même substance peut porter plusieurs noms. Par exemple, la glycérine peut apparaître dans la documentation comme glycerin, glycerol, 1,2,3-propanetriol ou, selon l’INCI, Glycerin. Le numéro CAS permet de confirmer qu’il s’agit bien de la même substance.
Pour certaines substances, c’est encore plus important. Des noms proches peuvent désigner des formes chimiques différentes, des sels, des hydrates, des isomères ou des mélanges. C’est pourquoi il ne vaut pas la peine, lors de la vérification des documents techniques, de ne se fier qu’au nom.
Le numéro CAS ne signifie pas automatiquement que la substance est autorisée en cosmétique. Il ne signifie pas non plus qu’elle est sûre à n’importe quelle concentration ou adaptée à toute application.
Toutes les matières premières cosmétiques n’ont pas un numéro CAS unique évident. Cela peut surprendre surtout les débutants, car nous percevons souvent le numéro CAS comme quelque chose que toute substance devrait avoir. En pratique, ce n’est pas le cas.
Le numéro CAS est attribué à une substance chimique donnée ou à une entité précisément définie. Pour des substances simples comme la glycérine, l’acide citrique ou l’hydroxyde de sodium, l’identification est relativement univoque. Elles possèdent donc un numéro CAS clair.
Pour les matières naturelles, les mélanges et les matériaux complexes, la situation est plus compliquée. Un extrait végétal, un hydrolat, une huile parfumée, un blend émulsifiant ou un complexe actif ne sont pas forcément une seule substance chimique pure. Il peut s’agir d’un mélange de dizaines à des centaines de composés naturellement présents, ou d’un mélange de plusieurs composants technologiques. Il peut donc arriver que la matière première n’ait pas un seul numéro CAS pour l’ensemble.
Ainsi, si vous ne trouvez pas un numéro CAS unique pour un mélange, cela ne signifie pas automatiquement qu’il y a une erreur. Cela signifie que la matière n’est pas forcément une substance simple monocomposant. Dans ce cas, il est d’autant plus important de travailler avec la fiche technique, la spécification et la composition INCI complète.
La situation inverse est également possible. Une substance ou matière première peut être associée dans la documentation à plusieurs numéros CAS. Les raisons peuvent être diverses.
Il ne s’agit parfois pas d’une seule substance pure, mais d’un mélange. Chaque composant du mélange peut avoir son propre numéro CAS.
Il existe parfois différentes formes d’une même substance, par exemple une forme anhydre, un hydrate, un sel, un ester ou un isomère. Ces formes peuvent avoir des numéros CAS distincts, même si le nom commercial ou usuel peut sembler très proche. Pour certaines substances, on distingue par exemple la forme anhydre et la forme hydratée.
Pour les substances naturelles, on distingue parfois la source, le mode d’obtention ou le type d’extrait. C’est particulièrement important pour les extraits végétaux, les huiles essentielles, les macérats huileux ou les complexes naturels.
Dans la documentation, le numéro CAS de la substance principale peut être indiqué en même temps que les numéros CAS d’autres composants, de supports ou de conservateurs. Il ne faut donc pas supposer automatiquement que la présence de plusieurs numéros CAS est une erreur. C’est plutôt un signal qu’il faut examiner la composition complète et comprendre ce que le fournisseur décrit exactement.
Le numéro EC est un identifiant européen d’une substance chimique. Il est utilisé dans le cadre de la législation européenne sur les produits chimiques, notamment pour l’identification des substances dans les systèmes tels que REACH et CLP. Le numéro EC présente le format Xxx-xxx-x.
Vous trouverez le numéro EC principalement dans les fiches de données de sécurité, les fiches techniques, les bases de données réglementaires, la classification selon le CLP et la documentation des substances chimiques. En pratique cosmétique, le numéro EC est surtout important lorsque vous devez vérifier que la documentation du fournisseur se rapporte bien à la bonne substance.
Dans la documentation technique, en plus du numéro CAS, vous rencontrerez souvent la mention de numéro EC ou de numéro EINECS. Ces termes sont étroitement liés, mais ne signifient pas exactement la même chose.
Numéro d’identification européen général de la substance. Il est utilisé dans la législation européenne sur les produits chimiques et figure par exemple dans les fiches de données de sécurité, les fiches techniques, les bases de données de l’ECHA ou la documentation relative à REACH et CLP.
Ancienne liste européenne des substances chimiques commerciales existantes. L’abréviation signifie European Inventory of Existing Commercial Chemical Substances. EINECS est un inventaire des substances présentes sur le marché européen avant la mise en place de systèmes réglementaires plus récents.
Le lien est le suivant : le numéro EINECS est l’un des types de numéro EC. Tous les numéros EC ne sont toutefois pas des numéros EINECS. Un numéro EC peut également provenir d’autres listes européennes, par exemple ELINCS ou NLP.
Pour un fabricant de cosmétiques « classique », il n’est pas nécessaire de mémoriser toutes les listes historiques. En pratique, il est important de savoir que le numéro EC est un identifiant européen de la substance et que le numéro EINECS est un type spécifique de numéro EC pour les substances d’une ancienne liste européenne de substances existantes. Dans la documentation, vous pouvez rencontrer les deux termes, qui sont souvent utilisés de manière très similaire dans la pratique.
Si une substance possède un numéro EC, cela facilite son identification réglementaire dans le contexte européen. Il reste toutefois vrai que le numéro EC en lui-même ne dit pas si la substance est adaptée à un usage cosmétique, à quelle concentration elle peut être utilisée ou si elle présente des restrictions.
Le plus simple est de considérer ces données comme trois niveaux différents d’identification. L’INCI nomme l’ingrédient cosmétique, le CAS identifie précisément la substance au niveau international et l’EC l’identifie dans le contexte réglementaire européen.
Pour l’étiquette d’un produit cosmétique, la dénomination INCI est la plus importante. Pour vérifier l’identité technique de la substance, les numéros CAS et EC sont essentiels. Pour une utilisation sûre et correcte de la matière première, vous devez lire l’ensemble des données dans leur contexte.
La théorie prend tout son sens sur des matières premières concrètes. Voyons quatre exemples typiques — d’une substance simple à un mélange parfumant.
La glycérine est un bon exemple de substance simple pour laquelle les noms se recoupent souvent.
Nom usuel : glycérineNom anglais : Glycerin ou GlycerolINCI : GlycerinCAS : 56-81-5EC : 200-289-5
Sur l’étiquette, on indique Glycerin. Sur la fiche de données de sécurité, vous pouvez toutefois voir aussi le nom glycerol et les identifiants CAS et EC.
Pour les matières végétales, on rencontre plus fréquemment le nom botanique.
Nom usuel : beurre de karitéNom anglais : Shea ButterINCI : Butyrospermum Parkii Butter
La dénomination INCI est issue de la dénomination botanique de la plante et du type de matière première. Sur l’étiquette, on n’écrit donc pas « beurre de karité », mais Butyrospermum Parkii Butter.
L’huile d’amande est désignée simplement dans la communication courante, mais en INCI on utilise le nom botanique.
Nom usuel : huile d’amandeNom anglais : Sweet Almond OilINCI : Prunus Amygdalus Dulcis Oil
Pour le client, l’appellation huile d’amande est parlante. Pour l’étiquette du produit cosmétique, c’est toutefois la dénomination INCI qui prime.
Les huiles parfumantes sont des mélanges de plusieurs composants aromatiques. Elles portent souvent un nom commercial, par exemple Vanilla Dream ou Fresh Cotton, mais ce nom n’est pas un nom INCI.
Pour les huiles parfumantes, il est important de travailler avec la documentation du fournisseur — en particulier le document IFRA, la fiche de données de sécurité et la liste des allergènes. Sur l’étiquette, on utilise généralement la mention Parfum ou Aroma, selon le type de composition et la finalité du produit. Les allergènes parfumants obligatoires sont indiqués conformément aux exigences légales en vigueur et en fonction de leur concentration dans le produit fini.
Pour les matières végétales, connaître seulement le nom de la plante ne suffit pas. La dénomination INCI dépend aussi de la partie de plante utilisée, du type de matière première obtenue et de la manière dont elle a été transformée.
À partir d’une même plante, on peut obtenir une eau florale, une huile de graines, un extrait de fleurs, une huile de fleurs, une poudre de plante séchée ou un extrait hydrolysé. Chacune de ces matières peut avoir sa propre dénomination INCI, une fonction différente en cosmétique, une composition distincte et une adéquation différente dans une formule.
Il n’est donc pas correct de deviner l’INCI uniquement à partir du nom usuel de la plante. Si une formule mentionne par exemple le calendula, il faut savoir s’il s’agit d’un extrait de calendula, d’un hydrolat de calendula, d’une huile de calendula, d’un macérat ou d’une autre forme de matière. L’exemple du souci officinal, Calendula officinalis, l’illustre bien en pratique.
Cet exemple illustre trois points importants.
Premièrement, une même plante ne signifie pas un même INCI. Un hydrolat de calendula, un extrait de calendula et une huile de calendula ne sont pas équivalents du point de vue de l’étiquetage ni de la formulation.
Deuxièmement, un même numéro CAS ou des numéros CAS proches ne signifient pas nécessairement que les matières sont interchangeables. Les numéros CAS et EC aident à l’identification de la substance ou de la source végétale, mais ils ne décrivent pas le comportement pratique complet de la matière concernée dans une formule.
Troisièmement, pour les matières naturelles, les identifiants peuvent être plus complexes que pour les substances chimiques simples. Les extraits, hydrolats et huiles végétales sont des matériaux naturellement complexes, d’où le fait qu’ils peuvent parfois partager un même identifiant, avoir plusieurs identifiants ou présenter une donnée manquante.
C’est pourquoi, pour les matières végétales, il est toujours important de lire la documentation du produit spécifique. Surveillez en particulier la dénomination INCI, le nom botanique, la partie de plante utilisée, le type de matière, le support, la conservation, le procédé de transformation et l’usage recommandé.
Pour les extraits, il ne suffit pas de considérer le nom de la plante. Il est très important de savoir dans quel milieu la plante a été extraite. Différents milieux d’extraction extraient de la plante des groupes de composés différents ; les extraits obtenus peuvent donc varier en composition, en effet, en profil sensoriel et en utilisation en formulation.
Apporte principalement des composants hydrosolubles et appartient en général à la phase aqueuse.
Apporte des composants hydrosolubles et partiellement polaires, la glycérine jouant le rôle d’humectant. Elle peut cependant influer sur le caractère collant et le toucher sur la peau.
Extrait un spectre de composés différent de l’eau ou de la glycérine. Il peut avoir un caractère plus intense, mais l’alcool peut influer sur la sensorialité et la tolérance par les peaux sensibles.
Apporte principalement des composants lipophiles, c’est‑à‑dire solubles dans l’huile. Il se comporte comme un ingrédient huileux de la formule.
Peut être très concentré et présenter une composition très différente des extraits aqueux, glycérinés ou huileux.
Ainsi, deux extraits d’une même plante ne sont pas forcément interchangeables. Un extrait aqueux de plante, un macérat huileux et un extrait CO₂ peuvent avoir la même origine botanique, mais se comporteront différemment dans une formule cosmétique. Pour approfondir ce sujet, consultez la catégorie macérats et extraits.
Les bases de données en ligne peuvent être très utiles, mais elles ne doivent pas se substituer à la documentation de la matière première spécifique. Pour les mélanges, les extraits, les hydrolats conservés, les émulsifiants ou les matières premières fonctionnelles en blend, la composition INCI peut être propre à chaque fournisseur.
La base CosIng, la base de données européenne des ingrédients cosmétiques, est une bonne source de référence. Elle permet de vérifier si un nom INCI est utilisé dans la nomenclature cosmétique, quelle est sa fonction cosmétique et quelles informations réglementaires lui sont associées.
CosIng n’est toutefois pas un substitut à la fiche technique d’une matière donnée. Elle ne vous indique pas toujours la composition exacte de l’extrait spécifique d’un fournisseur donné, si un hydrolat est conservé, dans quel support un actif est livré ou quels auxiliaires contient le produit commercial.
La démarche la plus sûre consiste à combiner les deux sources :
Si les données trouvées sur Internet et la documentation du fournisseur ne concordent pas, il faut redoubler de vigilance. En fabrication cosmétique, on ne s’appuie pas sur un nom trouvé au hasard sur Internet, mais sur la documentation vérifiée du lot concret ou du produit commercial concret.
Si vous changez de fournisseur pour une même matière première, il est toujours nécessaire de vérifier à nouveau la documentation. Un même nom commercial ou usuel ne signifie pas forcément qu’il s’agit exactement du même produit. La différence peut résider dans le support, la conservation, la concentration de l’actif, l’origine, le procédé de transformation, la raffinage, la standardisation ou les auxiliaires.
Cela vaut tout particulièrement pour les extraits végétaux, les hydrolats, les mélanges émulsifiants, les systèmes conservateurs, les complexes actifs et les huiles parfumantes. Deux matières peuvent porter un nom et un usage similaires, mais leur composition INCI, leur dosage, leur profil sensoriel, leur stabilité ou leurs restrictions réglementaires peuvent diverger.
En cas de changement de fournisseur, il ne suffit donc pas de réécrire le nom de la matière dans la formule. Il faut vérifier la nouvelle fiche technique, la spécification, la fiche de données de sécurité, la composition INCI et, selon le type de matière, d’autres documents, par exemple le certificat IFRA ou la liste des allergènes. Ce n’est qu’ensuite qu’il est possible de juger si la matière peut servir de substitut à part entière dans la formule existante.
La plupart des problèmes d’étiquetage découlent de quelques erreurs récurrentes. Voici les six plus courantes.
Le nom commercial est le nom du produit chez le fournisseur. Il peut être séduisant, marketing et facile à retenir, mais ne figure généralement pas dans la liste des ingrédients de l’étiquette. Si une matière est appelée par exemple Silky Touch Emollient, cela ne signifie pas que vous pouvez utiliser ce nom comme INCI. Vous devez en déterminer la véritable composition INCI.
Sur l’étiquette d’un produit cosmétique, la liste des ingrédients ne mentionne pas « huile d’amande », « beurre de karité » ou « vitamine E », mais les dénominations INCI correspondantes. Vous pouvez employer le nom slovaque dans le texte marketing, la description du produit ou la face avant de l’étiquette, mais la liste des ingrédients doit être établie selon les règles d’étiquetage des ingrédients cosmétiques.
Les bases de données en ligne sont de bons outils, mais ne doivent pas remplacer la documentation de la matière spécifique. Cela s’applique particulièrement aux mélanges, extraits, hydrolats conservés, émulsifiants, complexes actifs et huiles parfumantes. Pour une matière donnée, c’est toujours la documentation du fournisseur qui fait foi.
Certaines matières ne sont pas des substances pures monocomposant. Elles peuvent contenir de l’eau, de la glycérine, des conservateurs, des stabilisants, des antioxydants ou des solvants. L’exemple type est l’hydrolat, qui peut être non conservé ou conservé. S’il est conservé, le conservateur fait partie de la matière livrée et doit être pris en compte lors de l’élaboration de la liste INCI du produit fini.
Pour certaines substances, il peut exister différentes formes. La différence peut porter sur l’hydratation, le sel, l’isomérie, l’origine ou la pureté. C’est précisément pour cela que les numéros CAS et EC sont importants pour l’identification technique. Pour un travail plus avancé sur les formules, il vaut la peine de vérifier non seulement le nom, mais aussi le numéro CAS, le numéro EC, la spécification et la composition de la matière.
Un extrait végétal, un hydrolat, un macérat huileux et une huile essentielle issus d’une même plante ne sont pas les mêmes matières. Ils peuvent avoir des INCI différents, des compositions différentes, une solubilité différente et des utilisations distinctes en formulation.
Lorsqu’on travaille avec une matière, il est souhaitable de procéder de manière systématique. Vous n’avez pas besoin d’être chimiste, mais vous devez savoir où chercher les données de base et comment les comparer.
Pour chaque matière première, demandez ou vérifiez la documentation disponible. Il s’agit le plus souvent de la fiche technique, de la spécification du produit, de la fiche de données de sécurité, de la composition INCI, de certificats si nécessaire, du document IFRA pour les huiles parfumantes et de la liste des allergènes pour les compositions aromatiques. Pour les matières simples, la documentation peut être concise. Pour les mélanges complexes, les actifs, les systèmes conservateurs et les compositions parfumantes, la documentation est toutefois fondamentale.
Utilisez la dénomination INCI pour l’élaboration de l’étiquette et de la liste des ingrédients. Si la matière contient plusieurs composants, il ne suffit pas de mentionner le nom de la substance principale. Vous devez connaître toute la composition INCI de la matière livrée. Par exemple, un actif peut être fourni dans un support, un extrait végétal peut contenir de la glycérine et de l’eau, un hydrolat conservé peut contenir un conservateur et un émulsifiant peut être un mélange de plusieurs composants.
Les numéros CAS et EC aident à vérifier que la fiche technique, la fiche de données de sécurité et la spécification concernent la même substance. Si le nom de la substance varie légèrement d’un document à l’autre, le numéro CAS peut aider à confirmer l’identité. Si les numéros CAS ne coïncident pas, il faut se montrer vigilant et vérifier s’il ne s’agit pas d’une autre forme de la substance, d’un mélange différent ou d’une erreur dans la documentation.
Toutes les substances dotées d’un numéro CAS ne sont pas automatiquement adaptées à un usage cosmétique. Pour les produits cosmétiques, il faut vérifier si l’ingrédient convient à l’usage prévu, s’il est soumis à des restrictions d’emploi, s’il appartient aux ingrédients réglementés et si sa concentration répond aux exigences de sécurité. Pour les conservateurs, les colorants, les filtres UV et certains actifs, ces restrictions sont particulièrement importantes.
L’identification de la matière première n’est que la première étape. Pour le produit cosmétique fini, il faut établir correctement la liste entière des ingrédients en fonction de la formule, des concentrations et des règles d’étiquetage. Les ingrédients sont généralement indiqués dans la liste INCI par ordre décroissant de masse au moment de leur incorporation dans le produit. Les ingrédients en concentration inférieure à 1 % peuvent être mentionnés dans n’importe quel ordre après ceux à plus de 1 %. Les colorants peuvent être indiqués selon des règles particulières.
Certaines matières premières sont des substances monocomposant, d’autres sont des mélanges. C’est un point crucial lors de la lecture de la documentation. Une substance monocomposant peut avoir un numéro CAS et un numéro EC clairs. Un mélange peut contenir plusieurs substances, chacune disposant de son propre identifiant. C’est pourquoi, pour les mélanges, il ne suffit souvent pas de chercher un numéro CAS unique pour tout le produit. Les mélanges typiques en cosmétique sont les émulsifiants, les systèmes conservateurs, les compositions parfumantes, les complexes actifs, les extraits végétaux dans un support et les blends fonctionnels.
Pour les huiles, beurres, extraits et hydrolats végétaux, le nom botanique est très important. Des noms usuels proches peuvent désigner des plantes différentes ou des parties de plante différentes. Pour les matières végétales, surveillez le nom latin de la plante, la partie utilisée, le procédé de transformation, le milieu d’extraction, la raffinage ou non raffinage, la conservation et le pays d’origine le cas échéant.
Les extraits sont souvent fournis dans de l’eau, de la glycérine, du propanediol, de l’huile, de l’alcool ou un autre solvant. Cela influence non seulement la liste INCI, mais aussi la compatibilité avec la formule. Un extrait aqueux ne se comporte pas comme un macérat huileux. Un extrait glycériné peut modifier le caractère collant du produit. Un extrait alcoolique peut influer sur la sensorialité et la tolérance par les peaux sensibles.
Pour les huiles parfumantes, connaître le nom commercial du parfum ne suffit pas. Le document IFRA est essentiel : il fixe les usages recommandés ou maximaux du parfum selon la catégorie de produit. Les limites peuvent différer pour un produit à rincer, un produit sans rinçage, un baume à lèvres, une crème corporelle, un parfum alcoolique, une bougie ou un produit ménager. C’est pourquoi, pour les parfums, on travaille toujours par catégorie d’usage.
Pour les parfums, huiles essentielles et composants aromatiques, il est nécessaire de surveiller les allergènes dans le produit fini. Il ne suffit pas de voir si un allergène figure dans une seule matière. Sa concentration totale dans toute la formule est déterminante. Si vous utilisez plusieurs mélanges contenant le même allergène, sa quantité se cumule dans le produit fini. Cela concerne surtout la combinaison de plusieurs huiles parfumantes, huiles essentielles, extraits végétaux à teneur naturelle en composés aromatiques ou compositions parfumantes.
Cela signifie qu’un même allergène peut être en dessous du seuil dans une matière individuelle, mais, après prise en compte de toutes les sources dans la formule, dépasser le seuil à partir duquel il doit figurer dans la liste des ingrédients. Pour une formulation plus avancée, il est donc judicieux de suivre les allergènes sur l’ensemble de la formule, et non matière par matière.
En fabrication cosmétique, il ne faut pas utiliser des alternatives techniques ou mal spécifiées simplement parce qu’elles portent un nom similaire ou contiennent la même substance principale. Il faut employer des matières adaptées à l’usage cosmétique, disposant d’une documentation appropriée et d’une spécification claire. Le motif n’est pas seulement réglementaire, mais aussi lié à la sécurité et à la qualité du produit fini. Une matière de qualité technique peut présenter une autre pureté, d’autres limites d’impuretés, une qualité microbiologique différente, des agents de stabilisation différents ou une documentation insuffisante pour l’usage cosmétique.
Pour les matières premières cosmétiques, il est important de considérer non seulement le nom de la substance, mais aussi sa qualité, sa finalité d’usage, sa pureté, sa spécification, sa documentation de sécurité, ses paramètres microbiologiques et son adéquation au contact cutané. Il ne suffit donc pas que la substance « paraisse identique d’un point de vue chimique ». En fabrication cosmétique, il est déterminant qu’elle convienne à l’usage cosmétique et que la documentation nécessaire à une formule correcte, à un étiquetage conforme et à une évaluation de sécurité soit disponible.
Guide rapide selon la tâche sur laquelle vous travaillez.
Questions pratiques qui reviennent le plus souvent à propos de l’étiquetage et de l’identification des ingrédients cosmétiques.
Pas toujours. La dénomination INCI est le nom utilisé en cosmétique pour désigner les ingrédients. Pour certaines substances, elle peut être très proche du nom chimique, pour d’autres, elle découle du nom botanique ou d’une nomenclature cosmétique consacrée.
Si vous fabriquez des cosmétiques uniquement pour vous-même, vous n’avez pas besoin d’utiliser l’INCI aussi strictement que pour un produit mis sur le marché. Il est toutefois très utile de le comprendre, car il vous aide à lire les formules, les fiches techniques et la composition des matières. Si vous vendez ou mettez les cosmétiques sur le marché, la désignation correcte des ingrédients selon l’INCI est un élément important des exigences légales.
Dans la liste des ingrédients d’un produit cosmétique, on utilise les dénominations INCI. Vous pouvez utiliser les noms slovaques dans la description du produit, le texte marketing ou comme explication pour le client, mais pas comme substitut à la liste INCI.
Non. Le numéro CAS n’est généralement pas indiqué sur l’étiquette du produit cosmétique pour le consommateur. Il est utilisé principalement dans la documentation technique, les fiches de données de sécurité et les bases de données réglementaires.
Non. Le numéro CAS est un identifiant international d’une substance chimique, tandis que le numéro EC est un identifiant européen utilisé dans la législation sur les produits chimiques de l’Union européenne. Les deux données peuvent aider à identifier une substance, mais ne sont pas identiques.
Pas exactement. Le numéro EINECS est un type de numéro EC. Il concerne les substances d’une ancienne liste européenne des substances chimiques commerciales existantes. Le numéro EC est un terme plus large qui peut provenir d’autres listes, par exemple ELINCS ou NLP.
Parce qu’il ne s’agit pas forcément d’une seule substance chimique précisément définie. Cela peut être un complexe naturel, un mélange, un extrait, un hydrolat, une huile parfumante ou un blend de plusieurs composants. Dans ce cas, les composants individuels peuvent avoir un numéro CAS, mais pas forcément le produit entier comme entité unique.
Le plus souvent parce qu’il s’agit d’un mélange, de différentes formes de la substance ou d’une matière naturelle complexe. Plusieurs numéros CAS peuvent désigner les composants individuels, une autre forme chimique, un support, un conservateur ou di