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Vous fabriquez des cosmétiques ? Comment les étiqueter correctement selon la réglementation

Vous fabriquez des cosmétiques ? Comment les étiqueter correctement selon la réglementation
Dans cet article
  1. Pourquoi l’étiquette n’est pas qu’un design
  2. Ce que doit contenir l’étiquette d’un produit cosmétique
  3. Le saviez-vous ?
  4. Contenu nominal : quelle quantité de produit se trouve dans l’emballage
  5. Ingredients : comment indiquer correctement la composition
  6. INCI n’est pas la traduction de la matière première
  7. Les colorants sont indiqués sous forme de numéros CI
  8. Parfum, Aroma et allergènes
  9. % NOI : ce que signifie la part d’origine naturelle
  10. Icônes et logos sur l’étiquette : Leaping Bunny, Ecocert, COSMOS et autres
  11. Quand peut-on qualifier un cosmétique de BIO
  12. La certification n’est pas la même chose qu’une icône maison
  13. Un code QR peut-il remplacer les informations obligatoires ?
  14. Les erreurs les plus fréquentes en matière d’étiquetage des cosmétiques
  15. Checklist avant l’impression de l’étiquette
  16. Conclusion

L’étiquetage des produits cosmétiques protège le consommateur, apporte une sécurité juridique au fabricant et renforce la crédibilité de la marque. Voyons ce qui doit obligatoirement figurer sur l’étiquette, quelles règles s’appliquent dans l’UE et quelles erreurs apparaissent le plus souvent en pratique.

Lors de la fabrication de cosmétiques, il ne suffit pas d’avoir une bonne formule, un bel emballage et un parfum agréable. Si vous souhaitez mettre un produit cosmétique sur le marché, il doit être correctement étiqueté conformément à la législation européenne en vigueur.

L’étiquette n’est pas seulement un élément de design. Elle constitue une partie importante de la responsabilité réglementaire, de la sécurité et de la crédibilité du produit.

Le consommateur y cherche la composition, la date de durabilité et le nom de la personne responsable du produit. Les autorités de contrôle vérifient, quant à elles, si le produit respecte toutes les règles de l’UE — et c’est là que la marque vit un premier moment où l’obligation légale rencontre la première impression visuelle.

Pour le fabricant, l’étiquette est un espace petit mais très important. Elle doit indiquer clairement au client ce qu’est le produit, comment il s’utilise, qui en est responsable, quelle est sa composition, jusqu’à quand il est sûr de l’utiliser et à quoi il faut faire attention.

Dans l’Union européenne, l’étiquetage des produits cosmétiques est régi principalement par le règlement (CE) n° 1223/2009 du Parlement européen et du Conseil relatif aux produits cosmétiques. L’article 19 précise quelles informations doivent figurer sur le récipient et l’emballage d’un produit cosmétique, ces informations devant être indélébiles, facilement lisibles et visibles. La liste des ingrédients doit être exprimée en utilisant les dénominations communes des ingrédients conformes au glossaire visé à l’article 33 ; si aucune dénomination commune n’existe, un terme tiré d’une nomenclature généralement reconnue est utilisé.

Pourquoi l’étiquette n’est pas qu’un design

L’étiquette doit être esthétique, mais avant tout elle doit fonctionner correctement. Elle doit être conforme à la formule, à l’évaluation de la sécurité, à la documentation du produit et aux exigences du marché sur lequel le produit est vendu.

Il ne suffit donc pas de concevoir un joli graphisme et d’ajouter quelques phrases accrocheuses. Pour un produit cosmétique, le fabricant doit aussi traiter les mentions obligatoires, les dénominations correctes des ingrédients, les allergènes, la durabilité, le lot, les avertissements, la langue de l’étiquette et la lisibilité physique sur l’emballage concret.

Étiquette d’un produit cosmétique avec les mentions obligatoires

« Une bonne étiquette doit être véridique, lisible, indélébile, visible, compréhensible et conforme à la composition du produit ainsi qu’à la législation cosmétique. »

Ce que doit contenir l’étiquette d’un produit cosmétique

Un produit cosmétique correctement étiqueté doit comporter plusieurs mentions obligatoires. Certaines informations aident le consommateur lors de l’utilisation, d’autres sont importantes pour la traçabilité, la sécurité et le contrôle du produit.

Mention obligatoireCe que le fabricant doit assurerRemarque pratiqueExemple sur l’étiquette
Dénomination ou fonction du produitIl doit être clair de quel type de produit il s’agit.Si cela ne ressort pas de la présentation du produit, la fonction doit être indiquée.Crème hydratante pour le visage, Shampooing doux, Gommage corporel, Sérum visage
Nom ou raison sociale et adresse de la personne responsableL’entité responsable du produit doit être mentionnée.Pour les produits mis sur le marché de l’UE, la personne responsable doit se trouver dans l’UE.Fabricant / personne responsable : Nom de l’entreprise, rue, code postal, pays
Contenu nominalLa quantité de produit au moment du conditionnement est indiquée.Le plus souvent en ml ou g.50 ml, 100 ml, 30 g, 250 g
Date de durabilité minimale ou PAOLe fabricant doit déterminer la mention appropriée en fonction de la durabilité du produit.Date lorsque la durabilité est de 30 mois ou moins, PAO pour une durabilité plus longue, si pertinent.À utiliser de préférence avant : 05/2027, 6M, 12M, 24M
Précautions particulières d’emploiElles doivent être indiquées si elles sont nécessaires ou obligatoires.Dépend du type de produit, de la composition et du mode d’emploi.Usage externe uniquement. Éviter le contact avec les yeux. Tenir hors de portée des enfants. Ne pas utiliser sur peau irritée.
Numéro de lot ou référenceDoit permettre la traçabilité du produit.Important en cas de réclamation, de contrôle ou de problème de sécurité.Lot : 240501, Batch No.: HM0524, Lot: A125
IngredientsListe des ingrédients selon l’INCI ou la nomenclature commune des ingrédients.Indiquée au format Ingredients:Ingredients: Aqua, Glycerin, Cetearyl Alcohol, Prunus Amygdalus Dulcis Oil, Parfum, Tocopherol.
AllergènesDoivent être indiqués s’ils dépassent les seuils fixés.Les allergènes peuvent aussi provenir d’huiles essentielles, de compositions parfumantes ou d’extraits.Linalool, Limonene, Citral, Geraniol, Citronellol, Coumarin, Eugenol

Le saviez-vous ?

La date de durabilité minimale est utilisée lorsque le produit cosmétique a une durabilité minimale de 30 mois ou moins.

Pour les produits ayant une durabilité plus longue, on indique généralement un symbole PAO, c’est-à-dire la durée d’utilisation après ouverture, par exemple 6M, 12M ou 24M, si cette information est pertinente pour le type de produit concerné.

Contenu nominal : quelle quantité de produit se trouve dans l’emballage

Le contenu nominal est la quantité de produit au moment du conditionnement. Pour les cosmétiques, il est le plus souvent indiqué en millilitres ou en grammes.

Exemples :

  • 30 ml
  • 50 g
  • 100 ml
  • 250 ml

Pour les très petits emballages, les produits à usage unique ou les échantillons gratuits, le contenu nominal n’a pas toujours à être indiqué. Le fabricant doit cependant distinguer entre le remplissage pratique et la mention réglementaire.

Remarque pour le fabricant

Lors du dosage des produits, vérifiez les tolérances techniques et les règles de contrôle des quantités. Pour les produits préemballés, elles sont régies dans l’UE notamment par la directive 76/211/CEE du Conseil, qui fixe les écarts négatifs tolérés en fonction de la quantité nominale du produit.

Pour le fabricant, il en découle une règle simple : le contenu nominal ne doit pas être une quantité estimée ni un « remplissage à ras bord ». Il s’agit d’une indication déclarée précise, qui doit se fonder sur le processus réel de remplissage et correspondre à la quantité de produit indiquée sur l’étiquette.

Ingredients : comment indiquer correctement la composition

La liste des ingrédients d’un produit cosmétique est indiquée au format suivant :

Ingredients: Aqua, Glycerin, Prunus Amygdalus Dulcis Oil, Cetearyl Alcohol, Parfum, Tocopherol, Linalool, Limonene.

Le mot Ingredients: est important et ne se traduit pas, il a la même forme dans toutes les langues. Il est suivi de la liste des ingrédients selon le système INCI, c’est-à-dire l’International Nomenclature of Cosmetic Ingredients, ou des dénominations communes des ingrédients utilisées pour l’étiquetage des produits cosmétiques.

Les ingrédients sont indiqués par ordre décroissant de leur concentration dans le produit au moment de leur incorporation dans la formule. Les ingrédients présents en plus grande quantité sont mentionnés en premier. Les ingrédients dont la concentration est inférieure à 1 % peuvent être indiqués dans un ordre quelconque après ceux dont la concentration dépasse 1 %.

Conseil pour les formulateurs

Lors du calcul de la composition, il ne suffit pas toujours de regarder uniquement le nom commercial de la matière première dans son ensemble. De nombreuses matières premières cosmétiques sont des mélanges de plusieurs substances et, pour l’établissement de la liste des Ingredients, il est nécessaire de prendre en compte leurs différents composants INCI.

Des exemples typiques sont les systèmes conservateurs, les solubilisants, les émulsifiants, les extraits végétaux dans un support, les complexes actifs ou les mélanges commerciaux contenant plusieurs ingrédients INCI. Si une telle matière première est utilisée dans la formule, son nom commercial ne doit pas figurer dans la liste finale des Ingredients, mais bien ses différents composants INCI, conformément aux règles d’étiquetage.

Pour ordonner correctement les ingrédients, il est donc nécessaire de connaître non seulement le dosage de la matière première dans la formule, mais aussi sa composition interne. Le fabricant doit se baser sur la documentation technique du fournisseur, en particulier la spécification, la fiche technique, le détail INCI et les informations disponibles sur la proportion de chaque composant dans la matière première.

Concrètement, cela signifie que si, par exemple, vous utilisez 3 % d’un mélange commercial composé de plusieurs ingrédients INCI, chacun de ces ingrédients peut avoir une proportion réelle différente dans le produit fini. Cette proportion est ensuite importante pour établir et ordonner correctement la liste des Ingredients.

Il est également vrai que toutes les substances figurant dans la documentation technique d’une matière première n’ont pas à être automatiquement indiquées sur l’étiquette. Les impuretés présentes dans les matières premières et les auxiliaires technologiques qui ne se retrouvent pas dans le produit fini ne sont pas considérés comme des ingrédients au sens de l’article 19 du règlement 1223/2009. Dans les cas limites, il est donc approprié de se baser sur la documentation du fournisseur et sur l’évaluation de la personne responsable de la mise sur le marché du produit.

Liste Ingredients sur l’étiquette d’un produit cosmétique — ingrédients INCI selon le règlement 1223/2009

INCI n’est pas la traduction de la matière première

La dénomination INCI n’est ni un nom marketing, ni un nom français, ni une traduction anglaise. Il s’agit d’une nomenclature normalisée qui permet d’identifier un même ingrédient dans différents pays et langues.

Pour les matières premières d’origine végétale, la dénomination INCI provient souvent du nom botanique, donc latin, de la plante. Ainsi, par exemple, l’huile d’amande ne sera pas indiquée comme Almond Oil dans la liste des Ingredients, mais comme Prunus Amygdalus Dulcis Oil. La partie de la plante utilisée et la forme de la matière première sont également importantes.

Oil Huile issue de la plante sans précision de la partie. Seed Oil Huile obtenue à partir des graines de la plante. Leaf Juice Jus obtenu à partir des feuilles de la plante. Flower Water Eau florale, souvent un hydrolat issu de la distillation des fleurs. Extract Extrait de plante obtenu par différentes méthodes. Butter Beurre végétal à consistance solide à température ambiante.

Il est recommandé de vérifier les dénominations correctes dans la base de données CosIng ou dans le glossaire à jour des dénominations communes des ingrédients de la Commission européenne. CosIng permet de rechercher les noms de substances au regard de la réglementation cosmétique, les noms d’ingrédients utilisés à des fins d’étiquetage ainsi que les numéros CAS et CE. La base distingue également les entrées actuelles, marquées comme active, et les entrées historiques, marquées comme not active.

Nous abordons ce sujet plus en détail dans un article distinct INCI, numéros CAS et CE : comment s’y retrouver dans les ingrédients cosmétiques.

Les colorants sont indiqués sous forme de numéros CI

Les colorants ne sont pas indiqués dans la liste des ingrédients sous le nom de « colorant rose », « couleur bleue » ou « pigment rouge ». Leur dénomination INCI au sens de la composition n’est pas non plus utilisée. Pour les colorants cosmétiques, on utilise une désignation au moyen d’un numéro CI, c’est-à-dire un numéro Colour Index. C’est précisément ce numéro CI qui sert de désignation normalisée du colorant dans la liste des Ingredients.

Exemples :

Nom courant du colorant / pigmentMention dans Ingredients
MicaCI 77019
Oxyde de titaneCI 77891
Oxyde de fer rougeCI 77491

Mica — colorant minéral utilisé en cosmétique décorative

Les colorants peuvent être indiqués à la fin de la liste des ingrédients. Pour les cosmétiques décoratifs disponibles en plusieurs teintes, on peut aussi utiliser la mention may contain ou +/-, si cela correspond au produit en question et à sa composition.

Parfum, Aroma et allergènes

Le parfum peut être indiqué dans la liste des ingrédients comme :

  • Parfum
  • Aroma

Le fabricant peut décider d’indiquer la composition parfumante ou aromatique par la mention générique Parfum ou Aroma, ou de détailler certains composants de la fragrance. Il est toutefois essentiel que les allergènes à déclaration obligatoire ne puissent pas être dissimulés sous le mot Parfum.

Si le produit contient des allergènes parfumants réglementés au-delà des seuils fixés, ils doivent être mentionnés séparément dans la liste des ingrédients. Cela vaut pour les allergènes quelle que soit leur source, c’est-à-dire non seulement ceux issus des compositions parfumantes, mais aussi des huiles essentielles ou des extraits végétaux.

% NOI : ce que signifie la part d’origine naturelle

En cosmétique, on rencontre de plus en plus souvent la mention % NOI, c’est-à-dire le pourcentage d’ingrédients d’origine naturelle. Il s’agit d’une information destinée à montrer au client quelle part du produit provient de matières premières naturelles ou d’origine naturelle, selon la méthodologie de calcul utilisée.

Le NOI peut constituer une information utile, mais le fabricant doit l’utiliser avec prudence. Il ne suffit pas d’indiquer sur l’étiquette un pourcentage élevé d’origine naturelle sans préciser selon quelle méthodologie il a été calculé et sans que cette information soit vérifiable.

Pour le calcul du % NOI, il faut partir de la composition exacte de la formule, de la documentation de chaque matière première et des informations fournies par les fournisseurs. Pour les matières premières composées, il faut tenir compte des substances qui les composent et de la part pouvant être considérée comme naturelle ou d’origine naturelle selon une norme ou une méthodologie de calcul donnée.

Il est important de faire la différence entre une allégation d’origine naturelle et un cosmétique certifié naturel ou biologique. Un % NOI élevé ne signifie pas en soi que le produit est certifié BIO, organic, COSMOS Organic ou conforme à une autre norme certifiée.

Remarque pratique

Si le fabricant indique sur l’étiquette ou dans la communication marketing le pourcentage d’ingrédients d’origine naturelle, il doit pouvoir le justifier. Le calcul doit être cohérent, vérifiable et fondé sur la documentation des matières premières utilisées. La norme ISO 16128-2 fournit un cadre pour déterminer la teneur naturelle, d’origine naturelle, biologique et d’origine biologique des produits cosmétiques, mais elle ne traite ni de la communication produit, ni des allégations d’étiquetage, ni des exigences réglementaires spécifiques aux cosmétiques.

Icônes et logos sur l’étiquette : Leaping Bunny, Ecocert, COSMOS et autres

De nombreux symboles, logos et marques apparaissent souvent sur les étiquettes cosmétiques. Certains ne sont que des icônes graphiques, d’autres représentent des certifications indépendantes ou des standards vérifiés. Pour le fabricant, il est important de savoir qu’un logo de certification ne peut pas être ajouté sur l’étiquette simplement parce qu’il s’accorde au design ou qu’il inspire confiance.

Les labels de certification tels que COSMOS, Ecocert, EU Ecolabel, Leaping Bunny et d’autres sont liés à des règles spécifiques, à un processus d’agrément et à un contrôle par l’organisme de certification. La certification est régie par les règles du standard concerné et ne peut pas être remplacée par une simple déclaration marketing interne.

Labels de certification des cosmétiques bio et éco

Quand peut-on qualifier un cosmétique de BIO

En cosmétique, il faut distinguer entre l’impression marketing globale et la mention certifiée. Le mot BIO ou organic ne doit pas être utilisé librement par le fabricant simplement parce que le produit contient une huile végétale, un extrait ou des ingrédients d’aspect naturel.

Pour qu’un produit puisse porter le logo d’un organisme certificateur, il doit respecter les règles du standard concerné et passer par un processus de certification.

Dans le cadre de la certification des produits cosmétiques biologiques et naturels, on évalue généralement, par exemple :

  • L’origine et la qualité des ingrédients.
  • La proportion d’ingrédients d’origine naturelle.
  • La proportion d’ingrédients biologiques.
  • Les substances autorisées et interdites.
  • Le procédé de fabrication.
  • L’emballage.
  • L’étiquetage du produit.
  • La documentation et la traçabilité.

Concrètement, cela signifie : le fabricant ne peut pas utiliser un logo de certification s’il ne dispose pas d’une certification valide. De même, il ne doit pas donner l’impression d’un cosmétique BIO certifié si le produit ne satisfait qu’à des critères internes ou marketing de la marque.

La certification n’est pas la même chose qu’une icône maison

L’étiquette peut aussi comporter une icône graphique propre, par exemple « vegan », « natural », « handmade » ou « eco packaging ». De telles mentions doivent toutefois être véridiques, compréhensibles et ne pas induire en erreur.

Type de mentionCe que cela signifie
Certification indépendanteLe produit ou la marque a été contrôlé conformément aux règles d’un organisme donné.
Icône propre à la marqueIl s’agit d’une mention marketing ou d’information du fabricant, qui doit être véridique et justifiable.
Symbole graphique sans certificationPeut faciliter l’orientation, mais ne doit pas susciter une fausse impression de certificat.

Si l’étiquette comporte des symboles qui ressemblent à des labels de certification, le fabricant doit pouvoir documenter clairement ce qu’ils signifient et sur quelle base ils sont utilisés.

Un code QR peut-il remplacer les informations obligatoires ?

Un code QR peut être un excellent complément de l’étiquette. Il peut renvoyer à des informations détaillées sur le produit, à des explications sur les ingrédients, à des modes d’emploi, des vidéos, des recommandations de recyclage ou d’autres supports pédagogiques.

Il ne doit toutefois pas être considéré comme un simple substitut des mentions obligatoires.

Les informations obligatoires doivent être accessibles selon les modalités exigées par la législation cosmétique. Si, pour des raisons pratiques, certaines mentions ne peuvent pas figurer directement sur le produit, elles peuvent être indiquées par exemple sur une notice jointe ou attachée, une étiquette, une bande, une étiquette volante ou une carte.

QuestionRéponse
Un code QR peut-il compléter l’étiquette ?Oui.
Un code QR peut-il remplacer toutes les mentions obligatoires ?En règle générale, non.
Un code QR peut-il être utile pour le client ?Oui, surtout pour les informations détaillées.
Les informations essentielles doivent-elles être physiquement disponibles ?Oui, conformément aux règles d’étiquetage.

Les erreurs les plus fréquentes en matière d’étiquetage des cosmétiques

Les fabricants se trompent le plus souvent sur des détails qui peuvent pourtant être très importants lors d’un contrôle ou de la vente.

  • Utilisation de dénominations françaises ou marketing au lieu des dénominations INCI.
  • Absence de la mention Ingredients:
  • Ordre incorrect des ingrédients.
  • Calcul erroné de la composition pour les matières premières constituées de plusieurs ingrédients INCI.
  • Inscription du nom commercial d’une matière première composée au lieu de ses différents composants INCI.
  • Allergènes non mentionnés.
  • Utilisation du mot Parfum sans vérification des allergènes.
  • Numéro de lot manquant.
  • Personne responsable peu claire.
  • Caractères trop petits ou illisibles.
  • Utilisation d’un logo de certification sans certification valide.
  • Usage libre des mots BIO, organic, natural ou eco sans justification claire.
  • Indication d’un % NOI sans méthodologie de calcul claire ou sans justificatifs des fournisseurs de matières premières.
  • Confusion entre une part élevée d’origine naturelle et un cosmétique certifié BIO ou organic.
  • Mentions obligatoires accessibles uniquement via un code QR.
  • Allégations à caractère thérapeutique ou trompeur.

Fabrication de cosmétiques

Checklist avant l’impression de l’étiquette

Formule et composition

  • La formule finale est-elle déjà arrêtée ?
  • Toutes les dénominations INCI sont-elles vérifiées ?
  • La liste est-elle indiquée au format Ingredients: ?
  • Les ingrédients sont-ils correctement ordonnés selon leur proportion réelle dans le produit fini ?
  • Pour les matières premières composées, les différents composants INCI sont-ils calculés d’après la documentation du fournisseur ?
  • La liste des Ingredients ne contient-elle pas par erreur le nom commercial d’une matière première au lieu de sa composition INCI ?
  • Les auxiliaires technologiques issus des matières premières sont-ils correctement évalués ?

Allergènes, colorants et NOI

  • Les allergènes à déclaration obligatoire sont-ils calculés et indiqués ?
  • Les colorants sont-ils indiqués sous forme de numéros CI ?
  • Si le produit communique un % NOI, cette valeur est-elle calculée selon une méthodologie claire ?
  • Le fabricant dispose-t-il, pour le % NOI, des justificatifs des fournisseurs de matières premières ?
  • L’information sur l’origine naturelle est-elle clairement distinguée d’une mention certifiée BIO ou organic ?

Mentions obligatoires sur l’emballage

  • La date de durabilité minimale ou le PAO est-il correctement choisi ?
  • Le contenu nominal est-il indiqué ?
  • Le numéro de lot est-il indiqué ?
  • La personne responsable et son adresse sont-elles indiquées ?
  • Les avertissements nécessaires sont-ils indiqués ?

Allégations et certifications

  • Les allégations figurant sur l’emballage sont-elles véridiques et justifiables ?
  • Des logos de certification ne sont-ils pas utilisés sans autorisation ?

Caractéristiques physiques de l’étiquette

  • L’étiquette est-elle lisible sur l’emballage concerné ?
  • Les mentions obligatoires tiennent-elles physiquement sur l’emballage ?
  • Une étiquette multicouche, une étiquette volante ou une carte n’est-elle pas nécessaire ?

Conclusion

Une étiquette correcte n’est pas une formalité qu’il suffit d’ajouter juste avant l’impression. Elle est le résultat de la formule, de l’évaluation de la sécurité, des exigences réglementaires, de la solution d’emballage et d’une communication responsable.

Pour le fabricant, une étiquette bien préparée est à la fois une protection et une carte de visite professionnelle. Pour le client, elle est la preuve que le produit a une origine, une composition, un mode d’emploi et une personne responsable clairement définis.

Une bonne étiquette ne paraît pas surchargée, ne dissimule pas les informations importantes et ne cherche pas à remplacer les faits par de jolies icônes. Une bonne étiquette aide le produit à inspirer confiance et donne au client exactement les informations dont il a besoin.

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